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        Libération et conscience - Page 3 


 
 
Qu'en est-il du temps et de l'espace ?
Voilà un point qui permet de bien déstabiliser le mental : aller au bout du temps et de l'espace... Parce que c'est quand même l'observation de ces deux points qui a permis, dans l'histoire dont je témoigne, d'atteindre la Libération. C'est d'observer que le temps et l'espace n'existaient pas, et surtout d'observer les deux éléments séparément, d'observer la notion du temps en se disant : « OK, si l'espace n'existe pas mais que le temps existe, qu'est-ce que ça implique, qu'est-ce que ça signifie ? » Donc si l'espace n'existe pas et que le temps existe, ça signifie que je suis partout simultanément, et que je suis tout à la fois. Donc le temps n'est pas un élément de séparation, ce qui signifie que la séparation viendrait de l'espace... Mais si on observe l'espace tout seul, si l'espace existe et que le temps n'existe pas, ça signifie aussi que je suis partout à la fois puisque, que je sois dans tel endroit dans une demi-heure ou dans une heure n'est pas possible si le temps n'existe pas... Ca veut dire que je pourrais être simultanément à tous les endroits, que  je serais partout. Donc l'espace seul ne suffit pas non plus à créer la séparation.
 
Je résume rapidement, c'est une réflexion qui n'avait pas été longue, mais qui avait été intense, qui mérite d'observer avec rigueur, sans laisser aucun répit au mental, de l'obliger à aller au bout de cette réflexion. Parce que c'est un élément fondamental : si le temps seul ne permet pas la séparation et que l'espace seul ne permet pas la séparation, comment expliquer que le temps, couplé à l'espace, permette la séparation ?
C'est un processus mental qui avait abouti à un électrochoc, et qui me permettait d'être clair sur le fait que la séparation ne pouvait être qu'une illusion.  La combinaison du temps et de l'espace crée l'illusion d'une séparation, mais ne peut pas créer la séparation puisque ni l'un ni l'autre pris isolément n'est capable de créer la séparation.
 
Tu as dit « Si l'espace n'existe pas et que seul le temps existe, cela signifie que je suis partout et que je suis tout », et ce qui me frappe, c'est que tu as répondu à la question du temps seul, en termes d'espace, parce que « être tout » et « être partout », ce sont d'abord des paramètres spatiaux. C'est comme si tu démontrais en même temps qu'il n'y avait que de l'espace...
Au final, ni le temps ni l'espace n'existent. J'essayais là de me remémorer un processus mental qui avait permis de créer un décrochage du focus de la conscience. Il s'agit là d'être libéré de tout emprisonnement lors de la projection de la conscience, et effectivement, par rapport au processus d'Ascension de la Terre, de changement de conscience de la Terre, ça ne peut pas concerner l'Absolu, puisqu'il s'agit simplement de changer la bobine du film. C'est un peu comme si on regardait un film, c'est un peu comme si on était prisonnier d'un scénario et que l'Ascension permettait de changer les bobines, donc de changer de film à souhait, il n'empêche qu'on regarde toujours un film.
 
Et on est toujours dans un temps et dans un espace...
Tout dépend du film ! C'est le film lui-même qui va définir ça. La conscience se collera où elle le souhaite, ou aura la possibilité de se décoller. Je ne peux pas témoigner de l'Ascension, même si indéniablement, il y en a des signes dans ce corps, dans cette personne, dans ce monde, mais ça ne concerne en rien la Libération. Et ce processus, de mon point de vue aujourd'hui, n'a aucun intérêt, si ce n'est de créer des électrochocs au sein de la conscience, et donc de permettre à la conscience d'être reconnue.
 
Y a-t-il un moyen de parvenir à la Libération ?
Il me semble que le premier élément, (même si encore une fois il n'y a pas de recette parce qu'on ne parvient pas à la Libération : on fait un pas vers elle, et c'est la Libération qui vient nous prendre (mais la question, c'est comment faire ce pas vers elle !), la première chose donc, me semble-t-il, est d'avoir un « objectif » clair et déterminé de trouver qui nous sommes, trouver ce que je suis et trouver ce qui est, quitte à déboucher sur rien, mais trouver la Vérité, quel qu'en soit le prix. Beaucoup de chercheurs spirituels affichent cette volonté, à condition que les nouvelles ne soient pas trop mauvaises, c'est-à-dire que si cela doit m'amener à disparaître, alors je ne suis pas sûr d'avoir vraiment envie de la Vérité, parce que si je disparais, est-ce que je suis sûr de réapparaître ? Et sans la disparition, pas de Libération. Donc la détermination sans faille, quotidienne, à chaque instant, de non pas vouloir atteindre un quelconque niveau, mais de connaître la Vérité, quelle que soit la réponse. On ne peut pas désirer une réponse, désirer entendre quelque chose, et entendre la Vérité. Si on sait déjà la réponse qu'on veut obtenir, alors on n'est pas disposé à entendre la Vérité. Et ça n'est pas en lisant, ou en écoutant, ce que d'autres ont témoigné de la Vérité qu'on verra la Vérité.
C'est vraiment le point déterminant. On vit dans une période où le nombre de chercheurs est vraiment important, et la plupart des chercheurs se sentent authentiques dans leur recherche. Mais s'il y a la peur de disparaître en cherchant la réponse, alors à un moment donné arrivera un blocage. S'il s'agit de trouver les moyens de mieux fonctionner dans ma vie de tous les jours pour mieux réaliser mes projets, alors la Vérité n'arrivera pas. Arrivera une réponse qui sera : « Voilà comment il est possible d'améliorer son quotidien. » Et on se dira « Wouah, j'ai touché une vérité ! », mais c'est simplement qu'on a demandé au film, qu'on a demandé au programme automatique de nous amener des éléments pour mieux fonctionner sur ce plan, donc pour mieux fonctionner dans l'illusion. Tant qu'on cherche à mieux fonctionner dans l'illusion, il est impossible de se libérer de l'illusion : il faut accepter... de tout perdre. Et vraiment j'insiste sur cette notion de tout perdre ! C'était en moi comme une rage : quoi qu'il arrive, quitte à me rendre compte qu'il n'y a que le néant, quitte à être absorbé par le néant, quitte à disparaître à tout jamais ! Mais si je disparais à tout jamais, ça signifie que déjà aujourd'hui je ne suis rien. Donc autant le savoir ! A quoi bon me faire croire qu'il y a quelque chose, ou qu'il y a quelque chose de plus grand, s'il n'y a rien ? Donc, une détermination à aller découvrir cette Vérité. J'aurais vraiment envie d'insister sans arrêt sur ce point-là, tellement il est crucial... Et j'aurais envie de le  dire dans toutes les langues et avec tous les mots imaginables, car j'ai tellement vu de personnes, soit se satisfaire en route d'une demi-réponse, soit s'arrêter par peur. Et je n'ai pas envie de dire : « N'ayez crainte, derrière vous allez vous rendre compte que vous êtes le Tout » parce qu'en fait ça voudrait dire qu'on n'est pas prêt à tout lâcher pour trouver la Vérité. On est prêt à tout lâcher à condition de trouver le Tout.
Accepter de disparaître, c'est essentiel. Accepter aussi que le chemin ne doit pas être un chemin de douceur, un chemin de joie, un chemin d'amour. Tout ça, ce sont des réductions de tout ce qu'il est possible de vivre, et s'il est question de passer par des phases de souffrances importantes, peu importe. Si c'est le chemin de vie, si c'est ce qui est vécu au moment où c'est vécu, alors c'est là ! C'est pas que c'est fluide ou pas fluide, que c'est l'ombre ou la lumière : non, c'est là, et il n'y a qu'un seul endroit où on pourra trouver la vérité sur ce qu'on est, c'est dans ce qui est là. Je peux témoigner que je suis effectivement passé par des moments de grâce ces dernières années, mais je suis passé aussi par des phases d'énorme souffrance. J'ai toujours pris ça avec le même accueil. Arrive un moment où il peut y avoir encore de la souffrance physique dans le corps, la souffrance est là, mais vous, vous n'êtes plus concerné par la souffrance. Et même si on est concerné par la souffrance avant d'avoir atteint la Libération, ça ne signifie pas qu'il faut l'éviter. Je ne veux pas dire non plus qu'il faut se complaire dans la souffrance. Ce que je veux dire par là c'est que, que cela soit facile ou difficile - et ça n'est pas que c'est parfait non plus -  c'est simplement ce qui est. Or, dans ce qui est, il n'y a pas d'évaluation, et vous allez trouver dans ce qui est, partout, à chaque instant, le Tout.
 
Donc, y a-t-il ou pas un chemin ?
On peut aussi ajouter que la notion de chemin, elle est complètement fictive et illusoire. Elle fait partie de l'illusion, mais pour autant le chemin ouvre à l'essentiel, c'est-à-dire que le chemin va permettre de tenir le cap de votre objectif. Si l'objectif fondamental, c'est d'atteindre la Vérité, OK, vous n'allez pas dire : « Je veux atteindre la Vérité maintenant », si la réponse de la Vérité a décidé d'avoir lieu maintenant, elle se fera maintenant. Mais il peut se passer un laps de temps entre cette détermination « je veux atteindre la Vérité » et le moment de la Libération. Ce laps de temps entre le moment où la détermination est posée et la Libération, on peut l'appeler le chemin, mais chaque chemin effectivement sera différent, et sur les chemins, il y a tellement de choses qui ont été dites et leur contraire. Certains vous diront : « Il faut avoir un maître », d'autres « Je suis mon propre maître » : tout ça, ce ne sont que des croyances. Peu importe la manière, à partir du moment où votre détermination est devant. Tous les chemins, toutes les voies spirituelles, toutes les voies quotidiennes, puisqu'en fait jardiner peut être un chemin, tout cela n'a d'intérêt que si cela amène des changements de conscience, des « prises » de conscience. Lors d'une prise de conscience, il y a un lâcher de conscience quelque part, pour que la conscience « prenne » quelque chose d'autre... Il y a donc « prise » par la conscience de quelque chose mais au moment de cette prise, quelque chose a été lâché, et ainsi il y a eu un mouvement de la conscience. Et le chemin va amener, à un moment donné - ou pas -, la possibilité de reconnaître ce lâcher de la conscience pour la « prise » de la conscience. Et alors, on se rend compte qu'effectivement il n'y a pas de chemin, et que la seule chose importante, c'était de capter la conscience, de comprendre ce qu'était la conscience, de la « voir » afin de se libérer de la « prise » de conscience.
Et souvent, souvent, la difficulté du chemin, c'est qu'on va rencontrer des dogmes qui peuvent avoir l'effet inverse, c'est-à-dire qu'au lieu de faire que la conscience lâche quelque chose pour prendre ailleurs, pour se poser ailleurs, la conscience au contraire va se fixer sur un chemin, sur une voie spirituelle, sur telle pratique, et du coup va se coller sur cette pratique, ce qui ne permettra plus le mouvement de la conscience. Dès qu'il y a apparition d'une forme d'habitude, d'une forme de certitude, ou d'une croyance, « Je crois que Dieu existe », à ce moment-là, ça veut dire qu'il est temps de se remettre sur le chemin et de remettre la conscience en mouvement, de créer des électrochocs. Il y a cette méthode qui a été utilisée par Sri Nisargadatta et d'autres, qui consiste à déplacer la conscience du « je » au « Je Suis », c'est-à-dire de la personne à l'Etre, et ce pas permet de créer des mouvements de la conscience. Et ces mouvements de la conscience, du « je » au « Je Suis » et  du « Je Suis » au « Je », permettent de reconnaître la conscience.
 
Je comprends que pour toi, dans ton vécu, il y a un critère d'intensité qui a été déterminant : c'est ce que tu appelles justement la « détermination », la détermination de découvrir la Vérité de qui nous sommes. C'est comme si cette intensité avait besoin d'un support, et que ce support était la quête, en quelque sorte, et que sans cette intensité, la quête ne pourrait pas se prolonger. Il y a des chercheurs en quête depuis 30 ans qui ne peuvent pas ne pas être en quête, ils sont portés par cette intensité, cette soif de découvrir la Vérité. Et pourtant, il y a là un hiatus, une discontinuité radicale : tous ceux qui sont aujourd'hui libérés et qui sont passés d'autre part par une longue et intense quête, disent que ça n'est pas à cause de la quête qu'ils sont parvenus à la Libération. Il y a l'exemple d'Osho, qui a été un ascète obsessionnel pendant des années, se conformant à un programme de pratiques extrêmement sévères selon une régularité stricte. Un jour, constatant que cela ne conduisait à rien, il a tout arrêté, et s'est mis à faire la grasse matinée, à boire de la bière et à manger n'importe quoi. Et au bout d'une semaine, il a connu la Libération. Tony Parsons aussi, qui a vécu 3 ans dans l'ashram d'Osho, affirme que sa Libération n'a rien à voir avec sa vie de chercheur... Donc pas de lien direct, mais on pourrait penser que cette intensité les avait conduits à un état de « préparation »...
Les exemples que tu donnes illustrent parfaitement que, si on est installé depuis trop longtemps dans une habitude, il faut changer quelque chose, même si on est habitué à une vie d'ascète avec la croyance que ça va nous conduire à la Libération - et ça n'est pas la vie ascétique en elle-même qui pose problème, rien ne pose problème - mais ce qui est intéressant, c'est le changement au niveau de la conscience. On peut supposer que le fait d'abandonner, après des années d'ascèse, a provoqué un chamboulement qui a ouvert un espace à l'intérieur, et sans ce chamboulement, ce mouvement à l'intérieur, il n'y a pas l'espace. C'est l'illustration parfaite du déplacement de la conscience dont je parlais tout à l'heure.
 
Et puis il y a aussi ceux à qui la Libération arrive en descendant d'un train, ou à l'âge de16 ans comme Ramana Maharshi.
Cela rejoint aussi ce que j'ai dit précédemment, c'est que la première chose qui arrive, c'est la constatation que : « C'est ça ? C'est si simple ! ». C'est tellement, tellement, tellement simple ! J'étais assis sur le canapé et je me disais : « Pourquoi personne n'a dit que c'était aussi simple ! » Donc, ça n'est pas une histoire de durée, mais c'est cette conscience qui crée un mouvement. Dans mon vécu, cela est passé par cet objectif d'atteindre la Vérité, mais pour d'autres, cela peut être le fait de vivre une NDE et de se rendre compte que quelque chose d'autre existe, et de découvrir ce qu'il y a derrière. Peu importe ce qui crée le chamboulement, mais la conscience ne peut être reconnue que lors d'un mouvement de la conscience. Donc si elle est fixée sur la même croyance, sur le même fonctionnement, sur le même dogme, quel qu'il soit, elle ne pourra pas être reconnue.
 
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